





La DSG
1.
Introduction
Allier les avantages de la boite manuelle et de la boite
automatique au sein d'une nouvelle boite de vitesse, tel était l'objectif
affiché par les développeurs de la boite DSG.
Basée sur le principe de l'embrayage double, surtout
utilisé en compétition, cette boite est le fruit de 6 années de développement
par Volkswagen, en collaboration avec BorgWarner.
Quels sont les avantages des boites manuelles ? Un meilleur
rendement, une excellente robustesse, un coût de fabrication réduit, et bien sûr
le plaisir de la conduite sportive.
La boite automatique traditionnelle procure quant à elle un
grand confort d'utilisation, un changement de rapport sans à-coups et surtout
sans rupture de traction.

Grâce à
l'utilisation de deux embrayages à lamelles à bain d’huile, et de différents
programmes de changement de rapports, cette boite DSG permet d'obtenir un
confort d'utilisation égal à une boite auto traditionnelle, avec la possibilité
d'inférer manuellement sur le comportement de la boite, le tout avec des
changements de rapports extrêmement rapides et sans à-coups. La consommation en
carburant se situe au niveau d'une boite manuelle.
2. Cahier des Charges
Atteindre le
meilleur niveau en terme de plaisir de conduite et de comportement dynamique, de
rendement, et de temps de changement de rapports.
Tenir compte des évolutions probables des motorisations,
particulièrement les TDI, aussi bien en couple qu'en puissance, surtout dans le
segment des compactes.
La
conception doit permettre une fabrication économique, avec comme base de
référence les boites manuelles 6 rapports les plus récentes.
La compacité de la boite DSG doit
permettre le montage dans toutes les plateformes à moteurs transversaux du
groupe VAG.
Si on résume l'ensemble des objectifs, on peut dire :
o consommation de carburant et
performances supérieures ou égales aux boites manuelles
o temps de changement de rapports les
plus courts possibles
o confort
d'utilisation supérieur ou égal aux boites automatiques
o conception en boite 6 rapports, avec
option 4RM
o application sur
motorisations de puissance maxi 200kW et/ou avec couple maxi de 350Nm
o compacité pour implantation sur toutes
les plateformes à moteurs avants transversaux
o utilisation de composants et de pièces issues de boites
manuelles existantes
o 2 embrayages
à bain d’huile à lamelles pour le démarrage et pour les changements de rapports
o permettre une conduite sportive
et performante
3. Principe de
la DSG

La DSG est
l’association de deux demi boites de vitesse parallèles. Chaque demi boite est
conçue comme une boite de vitesse manuelle traditionnelle.
Le couple moteur est ainsi transmis à
chaque boite par l’intermédiaire d’un embrayage spécifique.
On a donc : Embrayage 1 pour les
rapports 1,3 et 5, et Embrayage 2 pour les rapports 2,4, et 6.
Pendant que le couple moteur se transmet
par l’intermédiaire d’un des deux embrayages fermés, l’ouverture du deuxième
permet la présélection d’un rapport adapté sur l’autre boite.
Lorsque le régime de changement de
rapport est atteint, l’ouverture et la fermeture simultanée des deux embrayages
permet une transmission ininterrompue du couple, et donc une absence d’à-coups
dans la chaîne cinématique. Le recouvrement partiel de l’ouverture d’un
embrayage et la fermeture de l’autre s’effectue dans un laps de temps très
court, ce qui permet d’obtenir des temps de changement de rapports inconnus
jusqu’ici sur un véhicule de série. Conséquence : la sensation de pilotage
direct de la boite est unique pour une boite automatique.
Le talon d’Achille de cette conception
repose dans les temps de changement de rapports au sein de la demi boite.
Plusieurs projets de développement de ce type de boite chez d’autres
constructeurs ont buté sur cet aspect. Le résultat du développement de la DSG se
mesure à la performance d’un passage 6 en 2 par exemple, tel que détaillé un peu
plus loin dans ce post.
4. Conception
des trains de réductions
Le couple moteur
entre dans le module d’embrayage à l’aide d’un arbre
cannelé.
Le montage radial du
double embrayage permet un gain de place.
L’embrayage extérieur (K1) est utilisé pour le 1er rapport
et pour la marche arrière, ainsi que pour les rapports 3 et 5. L’embrayage
intérieur (K2) est utilisé pour les rapports 2,4 et 6.
Lorsque K1 est
fermé, le couple moteur est transmis par l’arbre intérieur d’entrée aux pignons
des rapports 1, 3 et 5, ainsi qu’à l’arbre intermédiaire vers le pignon de
marche arrière. L’embrayage K2, par le biais de l’arbre d’entrée extérieur,
transmet quant à lui le couple moteur aux pignons des rapports 2, 4 et 6.
Un troisième arbre de transmission
concentrique à l’arbre d’entrée, entraîne la pompe à huile, placée dans la
boite, à l’opposé du module d’embrayage.
Les pignons des rapports 1, 2, 3 et 4 sont placés sur
l’arbre inférieur et transmettent le couple vers la transmission. Cette dernière
est aussi reliée à l’arbre supérieur, qui accueille les pignons des rapports 5,
6 et R. C’est à cet arrangement particulier des pignons que l’avantage de la DSG
se fait sentir. En effet, contrairement à une boite manuelle traditionnelle, les
rapports 1 et 3, 2 et 4, ainsi que 6 et R, disposent de leur propre unité de
sélection. L’intérêt ? La présélection des rapports, comme illustrés par les
schémas ci-après.
Ci-dessus, le pignon
du 1er rapport est engagé. Le pignon fou de 1ère, sur l’arbre inférieur, est
craboté, entraînant ainsi l’arbre de sortie. Nota : le rapport 2 est DEJA
présélectionné, mais le pignon fou de 2nde est « libre » et tourne à vide.
Ci-dessous :
sélection du rapport 2. L’embrayage K2 se ferme pendant que K1 s’ouvre. Le
couple moteur entre à présent par l’arbre extérieur. Le pignon 2 sur l’arbre de
sortie est craboté, le pignon fou de 1ère est libéré.
5. Le double
embrayage en bain d'huile.
Fruit de la
collaboration entre VW et BorgWarner, le double embrayage est la clé de voûte de
la boite DSG.
L’illustration
ci-dessous permet de visualiser les principaux éléments constituants ce module.
Si on suit le
transfert de couple, on entre en passant par un arbre
cannelé on arrive au moyeu d’entrée de l’embrayage. De là, un disque entraîneur
permet le passage du couple dans le carter d’embrayage, plus précisément dans le
disque support de lamelles externes de K1, et dans le moyeu principal, ou dans
le support de lamelles externes de K2.
Le moyeu principal de l’embrayage est guidé sur l’arbre
d’entrée par le biais de 2 cages à aiguilles. Le couple est transmis par les
lamelles côté moteur aux lamelles du disque intérieur puis aux arbres d’entrée
respectifs.
Les pistons
d’activation des embrayages sont compensés hydrauliquement et agissent à
l’encontre des ressorts de rappel. L’huile sous pression permettant l’activation
de l’embrayage, est acheminée dans la chambre d’embrayage via des canaux axiaux
au travers d’une entretoise tournante. L’alimentation en huile est continue mais
pilotable. Un capteur de température implanté dans la chambre permet de suivre
l’évolution de la température de l’huile cisaillée, et de piloter le débit
d’huile.
Par la combinaison du
débit d’huile (20 L/min) et la capacité de stockage calorique importante de la
DSG, des pointes de frottements allant jusqu’à 70kW sont possibles. La
transmission du couple nominal de 350 Nm s’effectue avec une pression de
consigne de 10 bars.
6. Séquençage
Le pilotage des
fourchettes de sélection est hydraulique. Il y a 4 fourchettes de sélection pour
les rapports 1/3, 2/4, 6/R et 5. Les fourchettes sont mues par des pistons
doubles, la pression de travail est comprise entre 0 et 20 bars. Un capteur de
course magnétique permet l’envoi d’un signal de position analogique au
calculateur. Cet ensemble autorise des vitesses de sélection de rapports
variables, ainsi qu’un pilotage précis de l’enclenchement.
7. Module mécatronique
Ce module se compose
d’une carte électronique (calculateur) équipée d’un module de capteurs, et du
système de pilotage hydraulique (labyrinthe).
Toutes les informations sont centralisées ici, et toutes
les actions y sont initiées et contrôlées. Composé de 10 capteurs. Le pilotage
hydraulique permet la commande des éléments suivants :
o 8 pistons de
commande de rapports
o 2
pressions d’embrayage
o débit
d’huile de refroidissement
o 6
valves de modulation de pression
o 5 soupapes de déclenchement
Ce module a été développé par Conti Temic, et est implanté
directement dans la boite de vitesses. L’interface vers le véhicule s’effectue
par le biais d’une prise multibroches unique. Les spécifications inhérentes au
fonctionnement du module électronique sont assez éloquentes : plage de
température de fonctionnement de -40°C à +150°C, et accélérations maxi de 33 g.
8. Pilotage de
la boite
La sélection des rapports s’effectue au choix avec les
palettes au volant
ou à l’aide du
sélecteur de vitesse de la console centrale.
Ce dernier possède
outre les positions « D » et la fonction Tiptronic System Porsche, une position
spécifique sportive « S ».
En
position « D », les courbes de changements de rapports du calculateur
permettent, lorsque la valeur d’enfoncement de la pédale d’accélérateur n’excède
pas 50%, une conduite coulée, uniquement dans les bas régimes. Avantages : une
économie d’énergie et un niveau de confort accru. Lors d’un appui soudain sur la
pédale d’accélérateur, la boite DSG se transforme graduellement en une boite au
caractère beaucoup plus sportif. Le plaisir de la conduite, on le trouve lorsque
l’on passe en position « S ». C’est dans cette position que le contraste avec
une boite auto traditionnelle est le plus saisissant. Non seulement les temps de
changement de rapports s’avèrent être exceptionnellement courts, mais ce qui
frappe, c’est la capacité de cette boite à maintenir le régime moteur lors des
rétrogradages.
Afin de traduire
la complexité des procédures et des stratégies de changement de rapports mises
en oeuvre, je vous vais illustrer mon propos à l’aide d’un exemple : voici le
relevé de mesures véhicule (ici une Golf R32 DSG) lors d’un passage 6 en 2.
Du haut vers le bas, les
différentes courbes représentent :
o en vert : le couple sur l’embrayage K2
o en bleu : le couple sur l’embrayage K1
(=0 au départ)
o en bleu en
dessous : la vitesse de rotation de l’arbre d’entrée 1
o en vert en dessous : la vitesse de
rotation de l’arbre d’entrée 2
o
en orange : le régime moteur.
On peut découper cet
essai en 4 phases distinctes.
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Phase 1 :
Le sélecteur de vitesse est placé en
position « D ». La 6ème est enclenchée, c'est-à-dire que la demi boite numéro 2
est en prise, par le biais de l’embrayage K2. Un appui franc et soudain sur la
pédale d’accélérateur, à fond, provoque une demande de puissance moteur maxi, ou
plutôt une demande de couple maxi à la roue. Conséquence : une série de
rétrogradages de 6ème en 2nde. L’appui sur l’accélérateur produit une montée en
régime du moteur, la boite maintenant un couple tracteur minimum aux roues.
Phase 2 :
C’est la phase la plus courte. Lorsque
le régime de synchronisation est atteint, la demi boite numéro 1 reprend le
couple moteur au travers du pignon de 5ème et grâce à la fermeture de
l’embrayage K1. Au même moment, l’embrayage K2 s’ouvre (croisement des courbes
de couple vertes et bleues), afin de préserver la chaîne de couple aux roues.
Durant toute cette phase, le gradient de vitesse du moteur ne montre aucune
modification. Le rétrogradage s’effectue sans à-coups et le conducteur ne
s’aperçoit de rien.
Phase 3 :
Cette fois-ci, le changement de
rapports s’opère dans la demi boite numéro 2. La 6ème a été déclenchée, et la
2nde se prépare a être enclenchée. La demi boite est prête pour la dernière
opération.
Phase 4 :
Lorsque le régime moteur de consigne a
été atteint (celui désiré par le conducteur et traduit par l’appui sur la pédale
d’accélérateur), l’embrayage K2 se ferme avec un pic de couple (on veut
transmettre le couple maxi dispo aux roues !) et le couple moteur repasse dans
la demi boite n°2. L’arbre d’entrée n°2 tourne à ce moment à la même vitesse que
le moteur, et la montée en régime se poursuit avec le couple maxi transmis aux
roues.
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L’ensemble de ces 4 phases a
nécessité exactement 0,8 seconde. Ce qui représente un record si
on le compare avec une boite auto traditionnelle, et en plus, la transmission du
couple aux roues est restée optimale durant toute l’opération.
Autre aspect: la sélection des rapports par le biais des palettes au volant
permet d’accroître le confort d’utilisation, puisqu’il n’est plus besoin de
lâcher le volant. La boite reste en mode séquentiel jusqu’à ce que le conducteur
tire la palette de droite (« Off ») pendant plus d’une seconde, ou que la
vitesse du véhicule soit inférieure à 12 Km/h.
Si le sélecteur de la console centrale est en position
Tiptronic, le rapport sélectionné reste enclenché, comme sur une boite manuelle,
même lorsque le régime maxi est atteint. En cas de freinage important, la boite
va néanmoins rétrograder, afin d’éviter au moteur de caler.
Une autre fonction
intéressante de la boite DSG, que j’ai déjà mentionné dans un autre topic, c’est
la fonction « Launch control ». Le véhicule à l’arrêt, il faut passer le
sélecteur en position « S » et en Tiptronic, appuyer à fond sur la pédale de
frein puis simultanément à fond sur l’accélérateur. Le régime moteur se
stabilise alors vers 3.000 tr/min, et le relâchement de la pédale de frein
procure un départ que l’on peut qualifier de « canon » !
9. Conclusion.
En plus de tous les
avantages cités ci-dessus, VW prétend que cette boite entraine une baisse de
consommation de 5% à 10% par rapport à une boite manuelle, et de 10% à 20% par
rapport à une boite auto conventionnelle. Il n’y a que les boites manuelles
robotisées (type « Sensodrive » de Sachs) qui permettent de meilleures valeurs
en terme de consommation.
En terme de confort, il n’existe qu’un type de boite qui
procure une confort de conduite plus important que la DSG : il s’agit des boites
CVT (Continuous Variable Transmission). Mais ces dernières procurent un plaisir
de conduite (surtout en conduite sportive) nettement moindre.
| Années de Production | 2005 |
| Type (nb de cylindres) | V6 (à 15°) |
| Position | Transversal, avant |
| Materiaux (Culasse/Bloc) | Alliage léger / Alliage léger |
| Nombre de soupapes par cylindre | 4 |
| Distribution | 2 ACT (chaîne - admission à calage variable) |
| Alimentation allumage | Gestion électronique intégrale Bosch ME 7.1.1 |
| Suralimentation | Non |
| Cylindrée (cm3) | 3189 |
| Alésage x course (mm) | 84.0 x 95.9 |
| Rapport volumétrique | 10.9 |
| Régime maximun (tr/min) | 6600 |
| Puissance maxi (ch à tr/min) | 250 à 6 300 |
| Puissance au litre (ch) | 78.4 |
| Couple maxi (mkg à tr/min) | 32.6 a 2 500 |
| Couple au litre (mkg) | 10.2 |
| Cx | 0.32 | |
| Nombre de Vitesse | 6 DSG | |
| Transmission | Intégrale | |
| Suspension Avant | Pseudo McPherson, barre stabilisatrice | |
| Suspension Arrière | Essieu multibras, barre stabilisatrice | |
| Direction | Crémaillère assistée, électro/hydrauliquement | |
| Freins | Freins avant | Freins arrière |
| - Type de freins | Disques ventilés | Disques ventilés |
| - Diamètres des freins(mm) | 345 | 310 |
| Antiblocage | En série | |
| Poids (kg) | 1609 | |
| Répartition AV/AR (Kg) | 979 / 630 | |
| Rapport poids / puissance (kg/ch) | 6.53 | |
| Longueur - Largeur - Hauteur (mm) | 4226-1759-1465 | |
| Empattement | 2578 | |
| Voies | Avant | Arrière |
| 1533 | 1528 | |
| Jantes | 7"5 x 18" | |
| Pneumatiques | 225/40 R 18 | 225/40 R 18 |
GOLF 5 R32
17
CV FISCAUX
Vitesse maxi (km/h): 250
400 m DA: 14"7
1 000 m DA: 27"
0 à 100 km/h: 6"2
0 à 200 km/h: 28"8
CONSOMMATION Mixte (L/100 Km): 9,7



